Le feu de Rimouski |
Au pire de la flambée. Rimouski; nuit du 7 mai 1950. Photo Jos. M. Levasseur. |
La nuit rouge Vers le début de la soirée du 6 mai 1950, à 6 heures, la sirène dincendie jeta un premier appel. Le feu aurait été causé par des fils électriques brisés (avec le courant en marche) par les vents violents, dune vitesse de 70 à 90 milles à lheure. La compagnie Price Brothers, fabriquant de bois, était situé du côté gauche de la rivière Rimouski. Après
avoir détruit une partie de la cour à bois de la scierie, les flammes sattaquent
à la manufacture de boîtes appartenant à la même compagnie. Après, ils
sattaquent au magasin général Helleur situé dans le même coin. Quelques minutes
plus tard, les pompiers et les pompes à incendie furent dirigés vers lendroit
sinistré. Mais le feu, toujours poussé par les vents violents, devient en partie une
pluie détincelles. Environ
1 heure après le début de lincendie, le feu traversait la rivière dune
largeur de quelques cents pieds (500 à 600), pour semer des incendies sur les toits. La
première maison qui prit feu , fut celle de M.Adélard Dextraze (rue Ste-Marie), puis le
manoir seigneurial, habité par la famille du notaire Charles Danjou. Dès lors, les
unes après les autres, les maisons ne purent échapper aux flammes. Pendant ce temps,
toutes les installations de la compagnie Price Brothers étaient réduites en cendres. Les
ponts étaient tous brûlés sauf celui du C.N.R. Les pompiers, emprisonnés de
lautre côté de la rivière, réalisèrent que dans des cas comme celui-ci, la
rivière devenait un obstacle. Évacuation de lhôpital et de lhospice Plus de cents (200) malades se trouvait à lhôpital St-Joseph, des Surs de la Charité, lorsque lévacuation se produit. Pour le transport des malades, on eu recours à toutes les ambulances, à tous les camions et à toutes les voitures disponibles de la ville. Quelques-uns des malades furent amenés à la maison-mère des RR.SS. du St-Rosaire ou au monastère des Ursulines, tandis que lécole dagriculture était convertie en hôpital pour recevoir les malades les plus gravement atteints. Plusieurs avaient de graves blessures ou de graves maladies, dautres étaient des opérés du matin. Tout se fit dans lordre et les religieuses ont veillé à ce que toute aille bien pendant le transport des patients. En même temps, des garde-malades soccupaientt des bébés de la pouponnière. Bien enveloppés dans des couvertures, ils furent transportés dans leurs familles, lorsque cétait possible, chez des amis de leurs parents ou chez des connaissances et, au moment où lon sapprêtait à la transporter en lieu sûr, une maman a donné naissance à son enfant. Au cours de lavant-midi du lendemain, plusieurs malades ont été placés à bord des wagons du C.N.R. qui les conduisirent dans les hôpitaux de lextérieur de la ville. En même
temps quon évacuait lhôpital, une consigne fut donnée de vider
lhospice. Cette institution logeait près de cent orphelins et plus de cent
cinquante personnes âgées. Les orphelins allèrent se mettre à labri dans la
cathédrale, tandis que les vieillards étaient conduits dans diverses communautés de la
ville ou chez des parents. En attendant la reconstruction de linstitution, ils
furent logés à lancien hôtel Belle Plage de Matane, surnommée par les Surs
de la Charité, " la maison de la providence ", qui était transformée en
hospice temporaire. À cause de la puissance du vent et du manque deau durant la nuit, les flammes poursuivirent leur marche jusquau dimanche. De la rue Tessier, qui longe la rivière Rimouski, à la rue de la Cathédrale et du boulevard St-Germain jusqu'à la rue Évêché, il ne restait sur pied que les cheminées et quelques charpentes calcinées. Plusieurs habitations, le couvent des RR.SS., de la Sainte-famille et dautres immeubles nont pas pu résister à lincroyable incendie. La plupart
des familles qui ont perdu leurs maisons, ont aussi perdu leurs mobiliers. Quelques-unes
seulement purent prendre une partie de leurs biens. Inutile de dire que tous ont passé la
nuit à lextérieur, pratiquant une surveillance constante pour demander du secours
lorsque des étincelles allumaient le feu aux autres maisons. Le travail acharné des pompiers Un groupe de pompiers de Mont-Joli se rendit à Rimouski pour aider aux pompiers de la ville. Chaque homme allait à son poste et le dur combat commença. Chacun deux était déterminé à rester à leur première position, mais la fumée poussée par le vent violent, les obligea plusieurs fois à changer de place. À cause de lépaisseur de la fumée, certains pompiers durent même se jeter à plat ventre pour éviter dêtre asphyxiés. Ils durent même sarroser mutuellement afin que le feu ne prenne pas à leurs vêtements et à leurs cheveux. Au milieu de la nuit, alors que le feu faisait rage de partout, le chef de la brigade de Mont-Joli, accompagné de lun de ses équipiers, sélança dans le brasier pour en tirer une vieille dame qui ne voulait pas quitter sa maison. Ce
nest que le 7 mai 1950 en après-midi, vers 3 heures, que les pompiers retournèrent
chez eux. Mais une nouvelle demande de Rimouski les obligea à retourner là-bas pour y
passer la nuit et revenir le lendemain matin. Tous les pompiers furent obligés de
recevoir des traitements du docteur pour les blessures aux yeux, aux oreilles et au visage
causées par le feu. Les détenus de la prison de Rimouski Pendant la nuit du samedi au dimanche, le feu avançait toujours en direction de la prison de Rimouski. Les détenus croyaient un moment que lincendie leur vaudrait la liberté. Mais le shérif, M.Charles Garon, ne le voyait pas comme ça et ce nest que vers 3 heures quil ordonna lévacuation. Les 36 prisonniers furent amenés sous garde à larsenal. Les détenus partagèrent une salle commune pendant quune autre était transformée en cuisine.
Espace ravagé. Photo Lavoie |
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